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Ca commencait mal. Voiture chez le garagiste. On en prend une autre. Les autoroutes de Los Angeles étaient au pas. Mauvaise direction à l’ échangeur. Réservoir vide. Un dîner prévu avant les 3h de route qui doivent nous mener à Lone Pine. Organisation foireuse. On fonce!

Nous sommes fin janvier 2015, et les Sierra Nevada sont très peu enneigées. Voilà deux ans que la Californie est en extrême sécheresse. Nous partons pour 2 jours de randonnée. Préparation quasi nulle, mais on y croit. La météo est stable et on a un peu de matériel prêté par un ami. J’avais déjà fait cette rando en été. Ca va le faire. On a besoin d’aventure.

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On arrive à midi au parking de Onion Valley. Seuls. La vue de la vallée d’Owen est à couper le souffle. Le contraste entre le ciel bleu, la neige et la vallée desertique est saisissant. Nous sommes à l’est du Parc National de Kings Canyon, à proximité du sommet le plus haut des États Unis (hors Alaska), le Mont Whitney qui culmine a près de 4500 mètres. On commence à monter, la vue est dégagée, on vise le col de Kearsarge droit devant nous. On avait pas vérifié les piles du GPS. Il est déjà mort, un détail. On a confiance.

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La montée se fait doucement en alternant raquettes et crampons en fonction de la qualité de la neige. Les raquettes nous permettent de ne pas nous enfoncer avec nos énormes sacs. Les crampons de ne pas riper en passant les devers gelés. La vallée que nous empruntons, Onion Valley, est cernée de parois rocheuses et est ponctuée de lacs gelés. Nous traversons une forêt clairsemée de pins et de quelques séquoias. Nous sommes du côté aride des Sierras, celui qui donne la direction de la vallée de la mort, juste à l’est de la vallée d’ Owen.

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Le paysage devient de plus en plus minéral, le col de Kearsarge est devant nos yeux. Le soleil est bas, la lumière rasante. L’ombre des Sierra s’imprime sur la vallée d’ Owen et les White Mountains de l’autre côté. On atteint le col à une heure magique. La crête escarpée de granite semble être une frontière entre le desert du Mojave et le royaume de John Muir peuplé de séquoias géants, d’ours bruns et de lacs regorgeants de truites. Des blocs monumentaux semblent être en équilibre sur l’arête. Une lumière chaude et douce n’en éclaire qu’un coté. Le soleil et la température tombent, nous devons continuer notre route.

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Il faut descendre sous les 3500 mètres du col en direction de Bullfrog Lake pour se trouver un abris pour la nuit et espérer ne pas trop souffrir de l’altitude. Le campement est choisi aux derniers rayons de soleil. On creuse la neige au pied d’un sequoia, plante la tente. Tout autour de nous, des traces d’ours sont visibles dans la neige, on doit monter les provisions au sommet de l’arbre le plus grand. Au menu ce soir la, risotto de quinoa, pesto et saumon. Gâteau au chocolat en dessert. On reste français en toutes circonstances.

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Le réveil difficile dans la fraicheur laisse place à l’émerveillement. Face à nous, les lacs et Pinnacles de Kearsage. L’air est frais, le soleil hivernal des basses latitudes est chaud. Le matin n’a jamais été aussi doux dans les Sierras. On petit-déjeune tranquillement devant ce spectacle, la vie citadine nous parait loin. Le silence est absolu. C’est la vie qu’on a choisi. On ne regrette rien dans ces moments là.

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On lève le camp pour remonter le col dans le sens inverse. La lumière est si différente de la veille qu’il nous semble emprunter un chemin différent. Pourtant le retour est moins compliqué, on suit nos traces dans la neige, sous le soleil. On profite, le soir on sera de retour à Los Angeles.

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Audrey Hasson